

La lettre du Présidant
La lettre du Présidant
Les défis de l'industrie pharmaceutique
algérienne
C'est bien volontiers que l'UNOP remercie toutes
et tous ceux qui ont rendu possible cette journée, en l'organisant, en y
participant pleinement ou tout simplement en répondant à notre invitation.
Sur l'initiative de quelques professionnels, l'UNION
NATIONALE DES OPERATEURS DE LA PHARMACIE par abréviation UNOP, a été créée voici
déjà plus de trois années, dans le but principal de promouvoir la production du
médicament de qualité et contribuer à l'organisation du secteur. Au fil du
temps, la représentativité de l'UNOP s'est progressivement élargie; ce qui lui
permet de se positionner aujourd'hui comme un partenaire actif et une force de
proposition .
L'UNION NATIONALE DES OPERATEURS DE LA PHARMACIE
a donc maintenant plus de trois années d'existence légale .C'est à la fois peu
et beaucoup .C'est peu pour prétendre représenter dignement notre profession,
mettre en place la batterie d'activités et atteindre le niveau organisationnel
digne d'une association professionnelle , dans un domaine aussi technique et
sensible .C'est beaucoup pour justifier un immobilisme total .
Nous avons donc voulu que cette année soit celle
de l'élargissement des activités de notre association . Ceci se matérialisera
par plusieurs initiatives , dont notamment par cette journée qui nous réunit
heureusement .
L'UNOP s'est donnée comme missions première de
défendre les intérêts matériels et moraux de ses membres et de contribuer au
développement de l'industrie pharmaceutique dans notre pays . La défense des
intérêt de ses membres passe par l'implication dans des actions parfois
engagées,mais toujours dans le sens de la préservation d'un intérêt général bien
compris .Car qui a intérêt à la préservation du pouvoir d'achat du citoyen ,à la
pérennité du système de santé , sinon les acteurs de se même système
La contribution au développement de l'industrie
pharmaceutique , c'est en sus des actions individuelles des membres de
l'association , l'action coordonnée vers des préoccupations communes telles que
la formation .C'est aussi l'organisation de manifestation techniques dont celle
qui nous réunit aujourd'hui encore .
Après quarante années d'indépendance , force est
de constater que l'Algérie reste largement dépendante dans un secteur aussi
stratégique et sensible que celui du médicament .La volonté affichée de l'état
pendant des décennies de doter le pays d'une industrie pharmaceutique n'a pas
abouti à ce jour , malgré les tentatives passées et, plus récemment les
différents engagements signés depuis plusieurs années, entre les entreprises
étatiques du médicament et les multinationales fournisseurs traditionnels de
l'Algérie ; lesquels se partagent une enveloppe de prés de 500 millions US $ .La
libéralisation du secteur de la pharmacie, intervenue en 1991 aussi bien en ce
qui concerne les importations que la production, n'a pas produit les résultats
escomptés ; l'Algérie dépendant encore de l'importation à prés de 80 % .
Pourtant l'objectif est clair : bâtir une industrie
pharmaceutique digne les potentialités de nitre pays . Celui - ci est commun à
l'Etat et eaux opérateurs et devient de plus en plus urgent ; d'ou la
nécessité d'une compréhension mutuelle et d'une démarche commune .
Fort heureusement, l'industrie pharmaceutique
est probablement à un tournant de son développement en Algérie , et les
prochains mois verront j'en suis sûr de nouvelles unités industrielles arriver
sur le marché, marquant ainsi l'élargissement de nos capacités de production
pharmaceutique . L'UNOP y contribue à travers ceux de ces membres qui réalisé ou
finalisent d'importants projets industriels .
Pour encadrer ce secteur , une réglementation, à juste titre parfois
contraignante , a été progressivement mise en place , à partir de 1992 .Les
décisions les plus importantes ont été l'enregistrement des produits
pharmaceutiques , la création du Laboratoire national de contrôle et
l'instauration du suivi préalable des importations à travers le programme annuel
et les déclarations statistiques .
Par la suite, la licence que constitue le
programme d'importation a été conditionnée par un cahier des charges , faisant
obligation d'investissement dans délai de deux années
La transition de la situation de monopole vers
la privatisation, s'est faire globalement dans de bonnes conditions
.L'intervention du secteur privé a permis la diversification des sources d'achat
est s'est soldée par une prise de part de marché du générique entre 15% et 20%
,et de ce fait a entraîné une diminution relative de l'enveloppe devises
consacrée à l'importation .
L'environnement mondial a été marqué par de
nombreuses fusions absorptions , ayant donné naissance à des groupes puissants ,
à des situations de surproduction et a des fermetures de plusieurs unités .Ce
mouvement de concentration devrait se poursuivre pendant plusieurs années encore
, selon l'avis général des experts .
Malgré cette situation, plusieurs pays en voie
de développement ont anticipé dans les décennies 1970 -1980 pour drainer
l'investissement et le savoir-faire à travers des mesures incitatives .Ces mêmes
pays se retrouvent aujourd'hui exporter vers l'Algérie .
Les échéances qui se pressent à notre porte :
adhésion à l'Organisation Mondiale du Commerce, accord de partenariat avec
l'Union Européenne auront des répercutions profondes et durables sur
l'organisation économique interne .Aussi , la période que nous vivons est -elle
celle de la dernière chance .L'Algérie ,pour des raisons de désinvestissement
interne, a raté la période des années quatre-vingts et va devoir implanter les
industrie de la santé dans un paysage économique autrement plus contraignant .
De manière lapidaire , on peut dire qu'il ne reste que quelques années de répit
pour conduire et achever le développement de l'industrie pharmaceutique .Le
gaspillage de temps ou d'énergie n'est donc plus permis .Face à la
mondialisation et aux différents accords que l'Algérie aura à signer dans ses
prochaines années , il est vital que les pouvoirs publics soutiennent activement
la production locale .
Dû à une prise de conscience générale et en
réponse aux incitations des autorités , de nombreux importateurs se préoccupent
maintenant de trouver des bureaux d'étude et des entreprises de réalisation,
signent des lettres d'intention et des accords de partenariat avec leurs
fournisseurs et recrutent les premiers éléments des équipes de projet .Il y a
donc bien une maturation des esprits vers la production nationale et de
véritable projets sont déjà lancées .Toutefois, on constate une duplication des
projets, tant pour les ateliers implantés que les produits choisis. On assiste
donc à une certaine déperdition d'énergie , en même temps que tous les
opérateurs vivent les mêmes problèmes et rencontrent les contraintes .
Les problèmes de l'industrie sont nombreux celui
des normes et règlements en est un .Celui de la formation en est un autre .Les
problèmes administratifs et industriels sont bien connus; ce n'est pas le lieu
de les redire .Cependant , les problèmes généraux des zones industrielles :
affectation de terrains ; lenteurs dans les aménagements et les raccordements
tant pour les amenées d'utilités que pour les évacuations ; absence de stations
urbaines de traitement des eaux usées , demeurent aussi aigus .
La Direction de la pharmacie et des équipements
soufre toujours du manque de ressources humaines et matérielles, pour assurer
efficacement l'ensemble des tâches qui lui sont dévolues .Ceci se traduit
notamment dans la lenteur de fonctionnement des services pour la délivrance des
CLV, des décisions d'enregistrement , l'examen des dossiers de demande
d'autorisation d'exploitation .
L'Algérie accuse un retard considérable dans le
domaine de la formation de cadres , et encore plus dans la formation des cadres
spécifiques à l'industrie pharmaceutique .C'est certainement un point
fondamental qui requiert toute l'attention, le développement de l'industrie
pharmaceutique étant actuellement , aussi un problème de ressources humaines
qualifiées .
A ce jour il n'existe pas de chaire de pharmacie
industrielle, ni de centre de formation pour les techniciens afin d'assurer le
bon fonctionnement des unités pharmaceutiques .Parallèlement l'université
produit chaque année des centaines de pharmaciens généralistes sans débouché .
Le ministère de la santé, certes conscient des
problèmes que nous venons d'évoquer poursuit sa politique de l'investissement
obligatoire .Nous souhaitons que celle-ci soit revue à la lumière de
l'expérience passée et du contexte international .L'heure est à une politique
plus volontariste qui tienne compte du développement scientifique et siot axée
sur la concertation .et un dialogue permanent avec toutes les administrations
concernées.
sans ce dialogue auquel nous apprenons depuis plusieurs années .notre pays
demeura encore dépendant pour son approvisionnement pour un secteur aussi
sensible .
AMMAR ZIAD
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