

Participation à la réflexion dans le cadre de la première rencontre
internationale de Pharmacie
Participation à la réflexion dans le cadre
de la première rencontre internationale de Pharmacie
Mémorandum
Alger , octobre 2000
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LA PROBLEMATIQUE DE LA PRODUCTION
NATIONALE DE MEDICAMENTS
Situation et propositions
OCTOBRE 2000
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SOMMAIRE
PREAMBULE
L'ETAT DES LIEUX
LA PHASE DE TRANSITION ET LA SITUATION ACTUELLE
L'ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL
LE NIVEAU DE CONSOMMATION ET LE PASSAGE A LA PRODUCTION
LES PROBLEMES RENCONTRES
ADMINISTRATIFS ET INDUSTRIELS
PERSONNEL
PRIX
SYSTEME BANCAIRE ET CREDIT
LES PROPOSITION
LA FORMATION DES PERSONNELS
LA BANQUE ET LE CREDIT
LES PAIEMENTS
LES MESURES ADMINISTRATIVES
LES PRIX ,LES MARGES ET LES DROITS ET TAXES
LE REMBOURSEMENT DES PRODUITS
L'AUTORITE SANITAIRE
LE SUIVI DES PROJETS
L'ENREGISTREMENT DES PRODUITS
LES TERRAINS D'ASSIETTE
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PREAMBULE
Après 38 années d'indépendance , l'Algérie reste fortement dépendante dans un
secteur aussi stratégique et sensible que celui du médicament .
La volonté affichée de l'Etat pendant des décennies de doter
le pays d'une industrie pharmaceutique n'a pas abouti , malgré les tentatives
passées et, plus récemment les différents engagements signés depuis 1996, entre
les entreprises étatiques du médicament et les multinationales fournisseurs
traditionnels de l'Algérie ; lesquelles se partagent une
enveloppe de près de 500 millions U S$.
Pourtant l'objectif est clair :
bâtir une industrie pharmaceutique digne des potentialités de notre pays
.Celui-ci est commun à l'Etat et aux opérateurs et devient de plus en plus
urgent : d'où la nécessité d'une compréhension mutuelle et d'une démarche
commune .
LA PHASE DE TRANSITION ET LA SITUATION ACTUELLE
La libéralisation du secteur de la pharmacie , intervenue en
1991 aussi bien en ce qui concerne les importations que la production , n'a pas
produit les résultats escomptés ; l'Algérie dépendant encore de l'importation à
prés de 80%.
Une réglementation, à juste titre parfois contraignante , a été
progressivement mise en place à partir de 1992, Les décisions les plus
importantes ont été l'enregistrement des produits pharmaceutiques , la création
du laboratoire national de contrôle et l'instauration du suivi préalable des
importations à travers le programme annuel et les déclarations statistiques .
Par la suite ,la licence que constitue le programme
d'importation a été conditionnée par un cahier des charges , faisant obligation
d'investissement dans un délai de deux années .
Plusieurs actions parallèles ont été enregistrées, émanant du
ministère des affaires sociales concernant le remboursement .
L'ouverture sans préparation des moyens humains et
matériels adéquats , a vu l'arrivée sur la marché de plusieurs dizaines de
laboratoires de différents pays ; avec des écart de prix parfois importants
entre spécialités et génériques .
La transition de la situation de monopole vers la privatisation
, s'est faite globalement dans de bonnes conditions . L'intervention du secteur
privé a permis la diversification des sources d'achat et s'est soldée par une
prise de part de marché du générique entre 15% à 20% , et de ce fait a entraîné
une diminution relative de l'enveloppe devises consacrée à l'importation .
Actuellement le marché des officines est approvisionné et il y a
peu de pénuries par contre les hôpitaux et les structures publiques souffrent de
grosses ruptures .
L'activité dans le secteur du médicament dépend étroitement du
ministère de la santé ,mais aussi de celui du commerce , des Affaires Sociales,
de la participation . Il serait certainement judicieux que tous ces différents
départements conjuguent harmonieusement leurs efforts
Il y a lieu de constater le décalage entre la volonté affichée
par les pouvoirs publics de diminuer les dépenses en encouragent les produits
génériques et de doter le pays d'une industrie pharmaceutique d'une part et la
réalisation de ces objectifs d'autre part .
L'ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL
La recherche permanente par les multinationales du profit
maximum à travers la vente de produit innovants à haute valeur ajoutée ,
conjuguée au désintéressement des molécules à faibles prix ou valeur ajoutée,
ont amené et continuent à maintenir une croissance régulière du marché
pharmaceutique mondial . L'environnement mondial a été marqué ces dernière année
par de nombreuses fusions absorptions , ayant donné naissance à des groupes
puissants , à des situations de sur production et à des fermetures de plusieurs
unités .Ce mouvement de concentration devrait se poursuivre pendant plusieurs
années encore , selon l'avis général des experts .
Malgré cette situation , plusieurs pays en voie de développement
ont anticipé dans les décennies 1970-1980 pour drainer l'investissement et le
savoir- faire à travers des mesures incitatives . Ces mêmes
pays se retrouvent aujourd'hui exporter vers l'Algérie .
Les échéances qui se pressent à
notre porte : adhésion à l'Organisation Mondiale du Commerce, accord de
partenariat avec l'Union Européenne auront des répercussions profondes et
durables sur l'organisation économique interne .Aussi, la période que nous
vivons est-elle celle de la dernière chance . L'Algérie, pour des raisons de
désinvestissement interne, a raté la période des années quatre -vingt et va
devoir implanter les industries de la santé dans un paysage économique autrement
contraignant . De manière lapidaire , on peut dire qu'il ne reste que quelques
années de répit pour conduire et achever le développement de l'industrie
pharmaceutique . Le gaspillage de temps ou d'énergie n'est donc plus permis .
LE NIVEAU DE
CONSOMMATION ET LE PASSAGE A LA PRODUCTION
Le marché mondial du médicament est actuellement de 310
milliards de U S $ aux prix à la production .Il est concentré pour 84% dans les
pays avancés qui comptent 16% de la population mondiale .
Les niveau de consommation reflètent les disparités importantes de développement
:
- dans les
pays les plus gros utilisateurs , la consommation par habitant est ( toujours
aux prix à la production ) de l'ordre de 200 $ .
- la moyenne
mondiale est elle de 50 $ par habitant .
- Dans les
pays en développement , elle est de :
9 $ /habitant pour l'ensemble de ces pays
17 $ /habitant , si on exclut la Chine et l'Inde .
En Algérie , elle est de 16 $ /h , ce qui nous place donc
exactement dans la moyenne des pays en développement .Cette valeur est proche de
celle retrouvée dans les pays voisins ; elle inférieure à celle des pays du
Moyen Orient . Elle montre que le développement de l'industrie pharmaceutique ne
ce limitera pas seulement à la substitution à l'importation , mais accompagnera
le développement global du pays pour longtemps encore .
Dû à une prise de croissance
générale et en réponse aux incitations des autorités , de nombreux importateurs
achètent des terrains , se préoccupent de trouver des bureaux d'étude et des
entreprises de réalisation , signent des lettre d'intention et des accord de
partenariat avec leurs fournisseurs et constituent des équipes de projet .Il y a
donc bien une maturation des esprits vers la production nationale et de
véritables projets , tant pour les ateliers implantés que les produits choisis .
On assiste donc à une certaine
déperdition d'énergie , en même temps que tous les opérateurs vivent les mêmes
problèmes et rencontrent les mêmes contraintes .
LES
PROBLEMES ADMINISTRATIFS ET INDUSTRIELS
Il s'agit tout d'abord des problèmes généraux des zones
industrielles : affectations de terrains ; lenteurs dans les aménagements et les
raccordements tant pour les amenées d'utilité que pour les évacuations ; absence
de stations urbaines de traitement des eaux usées .
Les règles administratives connaissent une application inégale
sur le terrain . D'une part certains opérateurs inexpérimentés ignorent des
dispositions de loi en leur faveur ( par exemple l'instruction n° 01 du
07/01/1997 du Chef du Gouvernement , sur l'exclusivité à la production nationale
; l'exonération des droits et taxes pour les matières premières du chapitre 29
ou l'exonération de T V A pour les intrants des produits non assujettis à la T V
A ) et d'autre part , certains fonctionnaires appliquent de manière trop
restrictive la réglementation, ce qui occasionne des retards inutiles .
La Direction de la pharmacie et du Médicament souffre
actuellement du manque de ressources humaines et matérielles , pour assurer
efficacement l'ensemble des tâches qui lui
sont dévolues . Ceci se traduit notamment dans la lenteur de fonctionnement des
services pour la délivrance des CLV , des décisions d'enregistrement , l'examen
des dossiers de demande d'autorisation d'exploitation .
LES PROBLEMES DE PERSONNEL
L'Algérie accuse un retard considérable dans le domaine de la
formation de cadres, et encore plus dans la formation des cadres spécifiques à
l'industrie pharmaceutique .C'est certainement un point fondamental qui requiert
toute l'intention , le développement de l'industrie pharmaceutique étant
actuellement, aussi un problème de ressources humaines qualifiées .
A ce jour il n'existe pas de chaire de pharmacie industrielle,
ni de centre de formation pour les techniciens afin d'assurer le bon
fonctionnement des unités pharmaceutique
Parallèlement l'université produit chaque année des centaines de
pharmaciens généralistes sans débouché ..
LES PROBLEMES DE PRIX
La rigidité du mode de calcul du prix de vente du médicament est
préjudiciable aux opérateurs de la pharmacie à plusieurs titres :
Il en est ainsi de :
- Application
de la marge sur le prix CAF au lieu du prix de revient
- Nombreuses
charges impossibles à répercuter sur la fiche du prix
- Frais financiers
- Frais de pose des vignettes sur les étuis .
- Frais de contrôle
- Frais de promotion
- Pertes de change
-
Immobilisation d'un stocks de trois mois exigé par le cahier des charges du
Ministère de la santé .
Il est regrettable de constater que les produits finis importés
en l'état acquittent 7,4 % de droits et taxes alors que les matières
premières et intrants indispensable à la fabrication locale, sont pénalisés par
des droits et des taxes atteignant parfois 68,4% .
Les pertes de change constituent un problème qui se pose depuis
le début de la phase de transition : elles obèrent gravement la trésorerie
des entreprises .Ceci est aggravé par le fait que le système bancaire n'assiste
pas les entreprises dans les opérations courantes de l'exploitation .
LE SYSTEME BANCAIRE ET LE CREDIT
Le sclérose du système bancaire , la lourdeur des opérations de
banque , la parcimonie du crédit constituent un frein à la relance économique de
même que les conditions rétrocession des lignes de
crédits et la lenteur de l'étude des dossiers de crédit .Les commissions
bancaires , de l'ordre de 4/5 points, sont trop élevées et il n'y a pas de
bonification des taux d'intérêts.
Sur l'initiative de quelques professionnels, l'Union Nationale
des Opérateurs de la Pharmacie , a été créée, dans le but principal de
promouvoir la production du médicament de qualité et contribuer à l'organisation
du secteur .La représentativité de l'UNOP s'est progressivement élargie ; ce qui
lui permet de se positionner aujourd'hui comme un partenaire actif et une force
de proposition .
compte tenu de cet état de fait , l' UNOP formule les
propositions suivantes :
LA FORMATION DES PERSONNELS:
Mise en place d'un enseignement en pharmacie industrielle
En collaboration avec les universités étrangères et en appuyant
sur le corps universitaire Algérien. Cette initiative peut être appuyée par:
* Mise à la contribution des fournisseurs traditionnels de
L'Algérie pour la prise en charge de stages pratiques et l'abonnement à des
revue scientifiques.
* Mise à contribution des entreprises Algériennes pour
définir un programme général des besoins en formation.
* Négociation par L'Etat de lignes de crédit spécifiques à
la formation à des taux bonifiés, à travers L'Union Européenne ou d'autres pays.
* Participation du ministère de la formation
professionnelle pour la prise en charge de 50% des frais de formation.
Parallèlement l'inspection et l'expertise doivent faire l'objet
d'une réflexion particulière en raison des critères propres à cette fonction,
notamment l'indépendance et la confidentialité.
Dans un première phase, le ministère de la formation
professionnelle pour la prise en charge de 50% des frais de formation.
Formation de techniciens de l'industrie pharmaceutiques
En plus des mesures ci-dessus citées, des actions spécifiques
sont à mettre en place notamment la création d'un centre de formation spécialisé
dans les matières:
- contrôle de la qualité
- assurance de la qualité
- techniciens sur ligne de
production
- techniciens et logistique
notamment la gestion de stocks
- techniciens en
maintenance industrielle.
LA BANQUE ET LE CREDIT:
Parallèlement à la modernisation du système bancaire dans son
ensemble, condition sine qua non de la relance économique, L'UNOP propose:
* La couverture du risque de change, l'opérateur
devant rester emprunteur en dinars.
* L'installation d'un taux de change fixe sur douze mois
pour permettre la stabilité des prix.
* La mise en place de lignes de crédit à moyen /
long terme à des taux bonifiés avec des délais de grâce de trois ans, le
lancement de l'exploitation étant une période très difficile.
LES PAIEMENTS ET LA PERTE DE CHANGE:
* Les possibilités pour les hôpitaux, d'achat en
exonération de TVA
* La réduction des délais de paiement des
structures sanitaires (ceux - ci vont de 6 à 8 mois, dans certains cas limites:
24 mois).
* La possibilité pour les producteurs locaux de
faire de la promotion médicale par le biais des échantillons ainsi que
des remises commerciales alors que laboratoires étrangers le font.
* la récupération de la perte de change par un mécanisme
particulier.
LA PROPRIETE INDUSTRIELLE:
* La protection des brevets et des marques: des produits
encore sous brevet sont enregistrés et en vente libre sous forme de génériques,
alors que les molécules mères ne sont pas encore enregistrées dans le pays.
L'Algérie est pourtant signataire des conventions internationales sur la
protection de la propriété industrielle.
LES PRIX LES MARGES ET LES DROITS ET TAXES
- L'Algérie pourrait, en attendant les négociation avec l'OMC et
les accords d' association avec la CE, prendre des mesures de protection
tarifaire en instituant une" taxe "sur les produits pharmaceutiques importés
en l'état, pendant une période de sept années . Cette période permettra dans le
cadre d'un marché commercial, le développement de la fabrication nationale, la
mise à niveau des installations actuelles et l'apport d'investissement étrangers
. Plusieurs modalités pratiques d'application pourraient être envisagés pour reverser ce fonds a la CNAS .
- D'autre part pour rendre
compétitifs les produits fabriqués localement, exonérer des droits et taxes
les matières et intrant . Pour éviter toute « fuite », cette exonération
peut être soumise à visa préalable du Ministère de la Santé .
- la révision du système des marges dans le sans de la simplification .
- la fixation et la séparation de la marge de gros de celle de la
production et importation .
LA PROTECTION PAR LE
REMBOURSEMENT ET LE PRIX DE REFERENCE
Afin de favoriser la consommation
des produits pharmaceutiques fabriqués en Algérie, il est souhaitable
privilégier le remboursement de ceux-ci par rapport aux produits importés
en l'état .
Cette protection ne peut être appliquée, que combinée à un mode de remboursement
sur la base de prix de référence ou un remboursement modulé .
L'AUTORITE SANITAIRE
* Renforcer la direction de la
pharmacie car elle remplit de nombreuses tâches opérationnelles mais ne peut
opérer actuellement que comme une direction fonctionnelle, en raison d'un
déficit en ressources matérielles et humaines .
* Traiter à travers un guichet distinct la production nationale ( nomenclature
séparée et et enregistrement séparé).
* Publier les données de consommation des médicaments des trios dernières années
.
* Instaurer un suivi paritaire des projets .
L'ENREGISTREMENT DES
PRODUITS
* Pour les produits à conditionner:
autoriser le conditionnement dès le dépôt du dossier d'enregistrement complet
sans attendre la délivrance du CLV, laquelle peut prendre des mois. Dans ce
cadre, la fourniture d'échantillons au moment idoine doit être arrêté en commun
. La commercialisation restera soumise à autorisation officielle après
fabrication ou conditionnement sur site .
* Instaurer un abattement des droits d'enregistrement pour la production
nationale de 75% .
* Conditionner les nouveaux enregistrements à la présentation d'un projet
industriel concert .
* Toute molécule fabriquée par au moins trois entreprises locales en quantités
suffisantes pour répondre aux besoins du marché et répondant aux normes de
qualités requises pourrait faire l'objet d'un non -renouvellement / ou d'une non
délivrance d'AMM .
* L'ouverture de la nomenclature pour favoriser le partenariat ; ceci, pour les
médicament enregistrés et commercialisés dans le pays d'origine
* La publication en temps réel des CLV et décisions d'enregistrement délivrés .
LES TERRAINS D'ASSIETTES
- Mettre à disposition à un prix raisonnable ( 500 - 1.000 DA /m² ) des zones
spécifiques viabilisées prêtes à recevoir l'investissement .
A ces technopoles peuvent de même être constituées à travers le
et effet l'UNOP propose comme
première mesure, l'affectation de plusieurs terrains situés dans la zone
industrielle d'Oued Smar et d'élargir celle-ci à l'ancienne foire d'Alger - En
effet cette zone présente les avantages suivants :
- pôle
pharmacie déjà existant ( SAIDAL . PFIZER . RPS . BIOPHARM .
SOMIDIAL . LDPA )
- Proximité de l'aéroport; proximité d'hôtels
internationaux
- Proximité des grands axes autoroutiers .
Cet ensemble constituera une technopole qui créera certainement des
synergies et permettra un contrôle efficace des effluents rejetés par chaque
unité ainsi que l'implantation des industrie connexes .
D'autre technopoles peuvent de même être constituées à travers le pays .
Pour la mise en œuvre de ces
positions , l'UNOP se déclare prête à participer activement à toute initiatives
prise par les autorités et privilégie les instances paritaires .
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